Chemin

A force de m’intéresser au Camino, j’ai lu plusieurs ouvrages, fait des recherches sur le Net et noué un contact avec des pers

A force de m’intéresser au Camino, j’ai lu plusieurs ouvrages, fait des recherches sur le Net et noué un contact avec des personnes qui sont déjà allées à Saint-Jacques de Compostelle.

 

La majorité des pèlerins me dit : « Si c’était à refaire, je le ferais en étapes ». Voilà une idée à laquelle je n’avais pas pensé en 2005. Mais oui, c’est ça – pérégriner en étapes, chaque année une partie du chemin, en attendant la retraite ; et le reste on verra.

 

Faisons vite un petit calcul : 2 400 kilomètres avec comme objectif de parcourir +/- 200 kilomètres par année, cela nous fera 12 années – ceci devrait être faisable.

 

Dans notre restaurant d’entreprise, j’avais sommairement en 2006 évoqué l’idée de partir à Saint-Jacques de Compostelle et, du coup, mon copain de travail Daniel m’avait répondu que ce projet l’intéresserait si jamais je devais le réaliser. Me voilà donc à l’abri du souci d’une longue recherche de quelqu’un qui, le cas échéant, m’accompagnerait avec le risque de me retrouver seul à quelques jours avant le départ.

 

Lors de nos pourparlers sur le bon chemin à suivre, il fut  toujours évident qu’on partirait de chez nous et que la première année servirait de pilote pour tester si une suite pourrait être envisagée.

 

Au courant du deuxième semestre 2007, nous avons commencé à planifier le chemin de manière plus concrète. Le premier travail consistait à tirer dans Google Earth un trait direct de mon domicile en direction de Vézelay. Puis, fort d’une recommandation de mon copain Nicolas que j’avais accompagné en 2007 sur son premier jour de pèlerinage, il serait évident que nous ne traverserions pas la Bourgogne, par précaution pour les sabots de mes ânes compte tenu de la configuration des chemins ruraux avec des pierres cassées.

 

Pour la petite histoire, Nicolas est parti en 2007 depuis son domicile pour une première étape de 700 kilomètres avec son âne Charel. Pour faciliter la séparation de Charel de sa copine asinienne Louise, j’avais proposé à Nicolas de l’accompagner la première journée avec Henry et Basile. Que c’était difficile de rentrer le soir sachant que celui que tu as accompagné peut continuer sa route !

 

En partant d’une moyenne journalière escomptée entre 15 et 20 kilomètres, nous avons vite constaté qu’après trois jours nous arriverions aux alentours de Thionville et, dans la suite, nous serions contraints de traverser le zoning technico-commercial et artisanal jusqu’à Metz. Compte tenu de la partie du congé annuel que nous voulions investir dans le Camino, cette idée n’était pas très alléchante.

 

Un autre lieu de départ possible était Schengen – petit village luxembourgeois qui a prêté son nom à l'espace Schengen, qui vise à instaurer un espace de libre circulation des personnes entre les États signataires et associés, tout en garantissant une protection renforcée aux frontières extérieures de l’Union Européenne. Schengen devait céder en fin de compte la place à Ars-sur-Moselle, d’où nous emprunterions le GR5 jusqu’à Martaincourt en direction de Chassey Beaupré. Ars-sur-Moselle devenait donc notre point de départ dans la mesure où il s’agissait du premier village après Metz, situé directement sur le GR5 et à l’entrée du Parc Régional de la Lorraine.

 

Dans la suite j’ai acheté des cartes de randonnée IGN 1:25000, en y apportant un trait rouge en direction de Vézelay. Le travail suivant consistait à trouver le meilleur chemin à gauche ou à droite de cette ligne à vol d’oiseau. Google Earth m’a bien facilité le travail pour la recherche de ponts ou passages à niveau, puisque-ânes obligent – messieurs nos accompagnateurs n’ont pas les mêmes facilités de passage qu’un pèlerin seul avec un sac à dos.

 

Suite aux expériences que nous avons accumulées pendant notre étape pilote, j’avoue que nous nous sommes un peu compliqué les choses en préparant le chemin, compte tenu de notre inexpérience en termes d’interprétation de ce qu’il faut entendre par une route de moyenne viabilité. Aujourd’hui, nous savons qu’une telle route est parfois préférable à un chemin forestier avec un dénivelé prononcé.

 


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