On ne part pas pour le Camino
comme on va se balader le dimanche après-midi. Une bonne préparation physique et des chaussures
adaptées aux circonstances sont indispensables. La condition physique ne s’acquiert
pas du jour au lendemain. Si vous voulez éviter des problèmes prévisibles,
allant des ampoules jusqu’à une courbature et j’en passe, il faut habituer le
corps en due forme à l’effort dans le temps. Il est erroné de croire qu’il
suffit de faire deux ou trois petites promenades quelques jours avant le départ
et qu’on peut se payer par la suite chaque jour une marche de 20 kilomètres en
moyenne.
Ma préparation physique est la
suivante : abstraction faite du projet Compostelle, je m’entraîne depuis
des années deux fois par semaine dans un Centre pour renforcer de façon isolée
des muscles déterminés. Par ailleurs, tous les dimanches après-midi je fais une
balade de minimum 8 kilomètres avec nos chiens – les dimanches de randonnées
avec les ânes, les chiens restent à la maison et les 8 kilomètres passent à 20 kilomètres.
Finalement, si on est propriétaire d’animaux il faut les entretenir et mes ânes
se trouvent à 500 m de notre maison. Pour y arriver, il faut escalader une
impasse avec une montée très prononcée – le tout deux fois par jour : le
matin à 6.30 heures et le soir vers +/- 20.00 heures. Il y a d’autres plaisirs
dans la vie, me direz vous – certainement, mais le retour sur investissement
l’emporte avec plusieurs longueurs d’avance. Vous n’imaginez pas ce que des
ânes peuvent faire pour vous.
Un moyen supplémentaire pour
s’entraîner consiste à remplacer le déplacement en ascenseur par des escaliers.
Sur mon lieu de travail, j’ai la chance de monter tous les jours du - 1 au
troisième étage.
La préparation physique ne se
fait pas uniquement par beau temps – en principe il n’existe pas de mauvais
temps si on s’habille convenablement. Je peux néanmoins vous assurer que, si
jamais il devait pleuvoir une semaine entière pendant une étape annuelle, je me
réserverais le droit de me poser la question s’il n’est pas plus opportun dans
un esprit de santé de reporter la suite à une période plus accueillante. Je ne
suis pas du genre à confondre le pèlerinage avec une idée de punition et de lourd
fardeau à emmener.