Au moment où j’écris
cette page, je suis en train de me demander ce qui a pu être la cause que nous
avons tant vécu d’événements en si peu de temps et pourquoi tout a été si
différent des deux premières années de notre périple.
En fin de compte, au lieu
des 200 km initialement prévus nous n’avons parcouru que 80 km.
Toute réflexion faite,
je suis convaincu qu’il serait illusoire de penser qu’un trajet de +/- 2.400 km
ne puisse réserver que des jours agréables sans problèmes ni difficultés
majeures par du beau temps et j’en passe.
Daniel et moi-même
avons bien pesé le pour et le contre de notre décision de ne pas terminer nos
200 km initialement prévus. Fait est que le Camino
existera toujours et nous voulons l’achever – de ce point de vue, nous n’avons
pas de soucis à nous faire. La décision de nous arrêter pour cette année a été
d’autant plus facile que ni Daniel, ni moi n’avions une raison ou contrainte
particulière qui nous obligerait, coûte que coûte, de respecter un certain
quota kilométrique annuel.
Après un examen
détaillé de tous les facteurs qui ont influé notre décision, j’arrive à la
conclusion que le fait d’avoir eu une voiture à proximité n’était pas sans
peser sur notre décision. Tant en 2008 qu’en 2009, on nous avait déposés à un
certain endroit et il fallait bien oublier tout moyen de retour jusqu’au jour
négocié à cet effet, sauf urgence. Y a-t-il urgence cette année ou décision
dictée par la raison ? D’après nous, il y a eu raison et urgence, mais je
laisse à chaque lecteur le soin d’en juger lui-même et se poser la question si
on n’a pas pu surmonter la première difficulté majeure qui se posait.
Néanmoins, avant d’y
venir et vous permettre de vous faire votre propre idée sur le sujet, j’essaie
de reprendre dans le graphe ci-après quelques facteurs parmi d’autres qu’il
faut prendre en considération pour le périple. En fonction de leur intensité
sur l’échelle faveur/défaveur, il appartient à chacun de décider ce qui est
prédominant pour lui : continuer ou reporter la suite à une autre date.
C’est justement cette liberté dans ses actes qui permet à chacun d’en faire SON
Camino et, plus nous progressons dans le nôtre, plus
je défends cette approche : je suis prêt à dire que LE Camino
n’existe pas.
La position des
curseurs dans le tableau ci-dessus reprend NOTRE environnement idéal pour
pérégriner. Si un des curseurs change de position, ceci se répercute
automatiquement sur la bonne progression. Au cas où vous ne vous retrouvez pas
dans ce graphe, dressez-en un autre avec des facteurs qui sont plus proches de
votre perception des choses. Commencez par la position idéale des curseurs –
dans la suite imaginez comment vous réagiriez au cas où la position idéale d’un
ou de plusieurs curseurs ne peuvent être garantis. Il s’agit certes d’un exercice
qui relève beaucoup de l’imagination, mais il en vaut la peine.