Gosseldange
– Cuffy
dimanche, 29 mai 2011
2011
est maintenant la quatrième année où je pérégrine sur le Camino
et je m’en réjouis comme tous les ans. Avec le temps, une certaine routine s’est
cependant installée en termes de préparation.
Elle
comporte pas mal de sorties avec les ânes, la révision du matériel, la vaccination
et l’autorisation spécifique pour circuler avec des ânes. Tout ce qui me posait
des problèmes il y a quatre années est devenu familier.
En
2010, mon objectif était de diminuer le poids que devait porter Henry. Pour y
arriver, j’ai changé de sacoches pour un modèle un peu plus grand – sept
centimètres pour être juste – acheté comme d’habitude chez un spécialiste
français. Du très beau travail. Ces nouvelles sacoches me permettent de diminuer
le volume des affaires qui se trouvaient dans le passé sur le bât et ainsi de
mieux équilibrer l’ensemble du matériel. Puis, j’ai changé de brûleur de ma
cocotte. En lieu et place du gel à brûler, j’emploie maintenant du gaz - soit
un gain d’un kilo. Par ailleurs, j’ai laissé dans les armoires les choses que
j’avais emportées les années précédentes mais pas utilisées, considérant que si
je n’en avais pas eu besoin pendant trois années je pourrais dès lors m’en priver.
C’est ainsi que je suis arrivé maintenant à treize kilos par sacoche en ce
compris le poids de la sacoche. Vient en supplément un sac imperméable sur le
bât qui contient les vêtements avec un poids total de plus ou moins cinq kilos,
de sorte que le poids total que Henry doit porter s’élève à trente et un kilos.
Vu que dans une des sacoches se trouve un bidon avec deux litres d’eau potable,
le poids moyen arrondi est de trente kilos.
Avant
de partir, j’avais regardé les prévisions météo et fus agréablement surpris de
constater qu’on ne prévoyait pas de canicule et surtout pas de froid comme
l’année passée.
J’avais
convenu avec Marc de partir à huit heures, étant donné que nous avons six cents
kilomètres à rouler. Compte tenu du fait que nous tractons une bétaillère, la
vitesse maximale est de quatre-vingt-dix kilomètres à l’heure. En y ajoutant
deux à trois arrêts en cours de route plus le temps à rejoindre l’autoroute
j’avais prévu huit à neuf heures. Quand je me suis mis à attacher la bétaillère
à la voiture, j’ai été surpris que Marc vienne déjà vers sept heures et un
quart. Son arrivée n’avait cependant rien en commun avec la Camino
– Marc cherchait son chien qui avait décidé de faire le tour du village.
Henry
était un peu nerveux ce matin puisqu’il a fallu l’inviter trois fois à monter
dans la bétaillère. Impossible de savoir ce qu’il voulait me dire : que
j’aurais peut-être pu lui demander son avis avant de l’engager de nouveau dans
une aventure dont il connaît bien les aboutissants – porter mes bagages.
Comme
nous sommes partis un dimanche, le trafic était moins intense et nous avons
bien avancé. Le temps était au beau fixe et notre première pause a été
planifiée de sorte à laisser brouter les ânes. Une première sortie vers une
aire de repos ne nous semblait pas appropriée. La prochaine fit notre affaire.
Nous avons sorti les ânes et les avons attachés avec leur laisse de six mètres
à un arbre pour leur permettre de faire le plein à leur manière. De notre côté,
nous avons également cassé la croute avec au menu comme d’usage à midi :
une tomate, un peu de saucisse et un fruit. Marc avait emmené un morceau de
fromage qui a retenu toute mon attention – voulait-il nourrir tous les pèlerins
que nous allions croiser en cours de route ou bien avait-il un appétit que je
ne lui connaissais pas ? Le goût du fromage était irréprochable, mais la
quantité bien trop élevée pour des pèlerins avec une taille comme la nôtre.
Après
quatre cent kilomètres, j’ai par précaution fait le plein dans une station
autoroutière. Comme nous avions depuis notre premier arrêt roulé quelque deux
kilomètres, nous voulions en profiter
pour sortir les ânes et marcher un peu avec eux. Au moment où je faisais le
plein, un camion stationné en plein soleil sur un parking isolé à une cinquantaine
de mètres retint mon attention. Ce camion avec une remorque transportait sur
deux étages des porcs qui criaient à vous couper le souffle. Pour leur éviter
du stress supplémentaire nous avons supprimé l’arrêt dans cet endroit et
continué jusqu’à la prochaine aire de repos. Nous avons été récompensés par un
verger non clôturé tout au fond de l’aire, dans lequel les cerises avaient
atteint une maturité parfaite. Au passage – une bonne nouvelle – le chien de
Marc a fini son tour du village et vient de retourner à son domicile.
Le
prochain arrêt était un peu avant Nevers. Au moment où je m’engageais sur le
parking, nous étions en train de discuter. C’est probablement pour cette raison
que j’ai commis l’erreur de sous-estimer une barrière avec deux battants
mobiles affichant une hauteur de deux mètres trente. Comme ma vitesse était peu
élevée, j’ai pu éviter un freinage brutal. Cela n’a cependant pas évité
d’ouvrir les battants avec la partie supérieure de la bétaillère. Une
inspection tant au niveau des battants que de la bétaillère n’a révélé aucun
dégât.
Nous
avons contourné Nevers et sommes arrivés à Cuffy vers
dix-sept heures. Monsieur Lesueur nous accueillit chaleureusement et nous a
trouvé un pré pour les ânes pour la nuit, en face d’une autre parcelle dans
laquelle se trouvait son grand noir du Béry et sa
jument. Pour éviter de devoir dresser la tente pour la première nuit, nous
avons logé dans l’hôtel « La Grenouille » tout proche. Avant de
prendre le repas, nous avons décidé de nous rendre encore à Nevers, question de
visiter un peu la ville et le cas échéant avoir un tampon dans le Crédential. Nous avons visité la cathédrale mais, dans la
ville de sainte Bernadette et de Bérégovoy, nous n’avons pas trouvé le
détenteur du tampon.
De
retour à Cuffy, nous avons garé ma voiture chez
monsieur Lesueur. Il est adjoint au maire et nous a invités à un apéro auquel il
avait également convié un autre membre du conseil communal qui avec son épouse
a déjà fait une partie du Camino. Nous avons largement
parlé du Camino. J’ai aussi découvert que monsieur
Lesueur est actif dans l’éducation des adultes et qu’il s’intéresse aux
véhicules de la deuxième guerre mondiale et aux tracteurs. Quand il nous a
montré un tracteur qu’il est en train de restaurer, je me suis dit que le mien
nécessiterait bien un passage à Cuffy. A en juger les
soins apportés à la restauration, j’aurais probablement des problèmes à le
reconnaître. Marc, qui est fils d’agriculteur, m’a surpris par ses
connaissances sur les tracteurs autant que monsieur Lesueur. Marc précisait que
sur ce modèle Ford avec une batterie de six volts le plus irait directement à
la masse – je veux bien croire mais n’en comprend strictement rien.
Après
avoir pris congé pour ce soir, nous nous sommes rendus à « La Grenouille »
pour manger et dormir, ou le rapport qualité prix du repas et du logement est
acceptable. Pour activer un peu la digestion et comme il faisait toujours beau,
nous en avons profité pour faire une petite balade jusqu’à l’écluse No 21-22 du
Guetin sur le Canal latéral de la Loire. Arrivé au
pont, il faisait malheureusement déjà un peu trop noir pour avoir une vue
complète sur le Canal.